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DIAWLING

ActualitésPosté par Jean-Yves ven., décembre 31, 2010 17:15

Jeudi 16/12/2010

C’est Etienne qui vous parle en direct de Radio Mauritanie ; et si je débloque de temps en temps, c’est au nom des autres qui m’ont laissé m’atteler à la tâche….

Cela fait maintenant 8 jours que nous sommes au Diawling ; je dois dire que je ne soupçonnais pas la difficulté que représente le montage d’une opération de baguage dans un milieu pareil ; c’est immense, quasiment entièrement sous l’eau, même si ce n’est pas profond ; les pistes d’accès sont rares et quand elles existent, elles sont recouvertes par une tôle ondulée (succession de bosses et creux) qui littéralement désosse les deux fourgons et rend la conduite extrêmement pénible et délicate pour le chauffeur.

En dehors des pistes, le sable n’autorise guère de déplacement sans un 4x4, et encore, c’est l’enlisement garanti à la moindre inattention.

Entre les repérages, les impedimentas liés à la vie de tous les jours, (courses, lessives, rangements, vaisselles, douches), une prospection en baignoire motorisée qui nous a pris une journée entière (photo jointe) nous n’avons pu opérer que quatre matinées de baguage, dans des conditions particulièrement éprouvantes liées au milieu : on patauge avec nos waders, aux moustiques que l’on respire et mange tellement on est gâté, et à la chaleur ( on commence à l’aube à 20° et quand on roule les filets, on est facilement à 30, voire plus) ; au final, on est rétamé et le restant de la journée nous voit adopter-quand il ne faut pas déplacer les vingt filets- un petit rythme peinard de limace asthmatique.

Côté oiseaux, pas d’acrola et même les plus optimistes ne voient pas pourquoi cela pourrait changer : les milieux que nous prospectons semblent favorables, similaires à d’autres que l’on trouve dans le Djoudj où il est largement présent ; comprendre la ou les raisons pour lesquelles nous faisons chou blanc pourrait faire avancer le schmilblic et mieux faire progresser les connaissances sur cette espèce.

Dans l’attente de tests scientifiques plus élaborés, j’avance une hypothèse personnelle : acrola ne peut pas sentir les tisserins pour cause d’incompatibilité d’humeur…Or, des tisserins, nous n’en manquons pas, à la différence du Djoudj, où il y en a très peu ; c’est un peu et même beaucoup la croix et la bannière ; cela ressemble à un verdier, grosse tête rebelle et musculature puissante, avec en outre un don certain pour s’emmailler dans deux poches à la fois….et avec cela, sociable en diable : affectionne particulièrement son semblable et se déplace en bande fournie…

Mais ne boudons pas notre plaisir, nous sommes dans un paradis d’ornithologue ; énumérer les espèces que nous avons observées serait fastidieux, elles sont trop nombreuses ; je ne résiste pas à mentionner un ressenti, une ambiance extraordinaire : démailler avec à intervalles réguliers des vols de pélicans, de flamants roses ou de grues couronnées juste au dessus de la tête, c’est magique. De plus, à part les tisserins ( !), découvrir les oiseaux africains reste un émerveillement, tellement ils sont différents des nôtres.

Un bilan sommaire : environ 250 paludicoles migrateurs ( comptez, je ne fais aucune fixation, le double de tisserins), essentiellement des acrsch ; contrôles : 4 british, 1 belge.

Ce sera tout pour ce soir, mes petits yeux se ferment ; nous allons essayer d’envoyer ce topo bien que l’internet local ne fonctionne que par à coup ; le conservateur nous a précisé que lorsque le vent est orienté comme en ce moment, il soulève du sable et que cela compromet la qualité ( !!!) des lignes téléphoniques….

Afriiiiiiiiiiica !

Le 17/12/2010

Belle matinée de baguage : environ 80 acrsch, dont plusieurs anglais, un portugais et un français (hélas, pas de Donges).

Nicolas et Vanessa nous ont rejoint après leur périple chiroptérosénégalais ; ils nous donnent l coup de main et ce n’est pas de refus.

Certaines personnes habituées aux effectifs de capture de Donges pourront émettre le soupçon que nous nous roulons les moustaches ; A ces esprits chagrins, je rétorquerais que nous ne sommes ni en période de migration massive, ni dans un site particulièrement favorable comme en été : l’Afrique est immense, le Diawling aussi, donc les oiseaux n’ont que l’embarras du choix pour baguenauder et se nourrir ; une ligne de 20 filets perdus au milieu de cette immensité représente à peu de chose près l’effort de capture d’une crotte de mouche sur la place de la Concorde…….

Demain, journée détente : nous faisons une journée ornithologie ; Benoîtement posés sur nos postérieurs, à nous les concentrations de milliers de sarcelles d’été, flamants roses et nains, pélicans, dendrocygnes etc etc ; cela nous permettra en outre de former les quatre stagiaires du parc dont nous avons décidé d’assurer la formation naturaliste et d’aide bagueur.

Paraît que cela caille par chez vous ; sans rire, on compatit.

Etienne

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